Maurus vogelii vogelii & vogelii insperatus

(Photo Jean Delacre)
(Photo Jean Delacre)

Maurus vogelii est un Lycène rupicole à potentiel multivoltin dépendant d'un petit Géranium sauvage (Erodium cheilanthifolium). Le Papillon et sa plante sont menacés par l'érosion de leurs rares stations. Depuis sa découverte il y a trois-quarts de siècle, il n'était connu que d'une localité unique et très restreinte, laquelle a été anéantie par le pastoralisme. De plus récentes recherches ont permis d'en appréhender quelques autres colonies, tant dans le Moyen que le Haut Atlas. Mais de ces nouvelles localités, il n'en reste plus qu'une où l'on peut encore observer l'Azuré du Bec-de-grue. Il est déplorable qu'on ne puisse mettre quelques modestes hectares hors de portée des troupeaux afin de pérenniser une espèce indigène d'un pays. "Aucune espèce animale ou végétale ne doit disparaître à cause des activités de l'homme", est-il inscrit dans la Charte des Invertébrés signée par tous les pays quelque peu soucieux du legs aux futures générations. Au Tizi-n-Test (Haut Atlas méridional) habite la rarissime ssp. insperatus davantage bordée d’orange, laquelle est pour l'instant sous bonne garde puisque son dème est maintenant à l'intérieur d'une réserve de Mouflons à manchette. La présence d'une seconde colonie a été appréhendée en 2013 sur les hauteurs rocheuses du Djebel Igoudamen (M'Goun, Haut Atlas central) par mon ami Jean-Marie André (Les sujets figurés ici sont tous de la sous-espèce nominale et photographiés dans le Moyen Atlas central, sauf le dernier de la ssp. insperatus qui est du Haut Atlas occidental).

(Photo Frédérique Courtin-Tarrier)
(Photo Frédérique Courtin-Tarrier)

Tabourite, Moyen Atlas central, saison 2017, photo Frédérique Courtin-Tarrier
Tabourite, Moyen Atlas central, saison 2017, photo Frédérique Courtin-Tarrier

Bilan conservatoire (2015)

Nombre de stations au Maroc (2015) pour vogelii vogelii : moins de 5 (dans l'actualité une seule !) ; en voie d'extinction (déclin galopant). Exige d'urgentes mesures conservatoires par la mise en défends (illimitée dans le temps) des dernières localisations de l'Erodium-hôte (versant Sud du Moyen Atlas central et Djebel Ayachi), ce qui ne causerait guère de préjudices à l'activité pastorale en n'excluant des parcours que de modestes zones karstiques où pousse ce Géranium rupicole.

Nombre de stations au Maroc (2015) pour vogelii insperatus : moins de 5 (2 de fait !) ; en voie d'extinction (bien que de très récente découverte !).

Cartographie marocaine de l'espèce (2008)

Biotope

Biotope de la ssp. vogelii, Aït-Kermouss, Moyen Atlas central
Biotope de la ssp. vogelii, Aït-Kermouss, Moyen Atlas central
Biotope de la ssp. vogelii, Col du Zad, Moyen Atlas central
Biotope de la ssp. vogelii, Col du Zad, Moyen Atlas central

Habitat de la ssp. insperatus, Adrar-n-Guinouss (en arrière-plan), Haut Atlas méridional
Habitat de la ssp. insperatus, Adrar-n-Guinouss (en arrière-plan), Haut Atlas méridional
Erodium cheilanthifolium, plante-hôte
Erodium cheilanthifolium, plante-hôte